Beau et respectueux de la nature : l’entrepreneur de jardin professionnel Pro4Green sait comment s’y prendre !
Au Royaume-Uni, l’intérêt pour l’entretien des jardins respectueux de la faune et de la flore se développe rapidement. Une enquête menée par le Wildlife Gardening Forum en 2020 a révélé que 84 % des jardiniers interrogés prenaient des mesures pour favoriser la vie sauvage dans leur jardin. En outre, la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) a constaté, en 2020, une augmentation significative du nombre de visiteurs sur sa page web consacrée à la construction de nichoirs. En 2022 le « Rewilding Britain » a remporté le prestigieux prix « Best in Show » au Chelsea Flower Show, démontrant ainsi l’importance croissante accordée à une gestion paysagère respectueuse de la nature.
Base scientifique pour une écologie des jardins respectueuse de la nature
Malgré la popularité du jardinage respectueux de la nature, la recherche scientifique sur l’écologie des jardins est insuffisante. De nombreux conseils diffusés sur YouTube, dans les magazines et les livres n’ont pas de fondement scientifique. L’objectif de cet article est d’explorer les techniques fondées sur la recherche et de démystifier certains mythes persistants en matière d’entretien des jardins.

Qu’entend-on par “jardin respectueux de la nature » ?
Un jardin respectueux de la nature peut prendre de nombreuses formes, mais l’accent est souvent mis sur l’attraction d’invertébrés tels les insectes ; ils sont plus nombreux et plus diversifiés que les oiseaux. Un jardin britannique peut compter jusqu’à 2 000 espèces d’insectes différentes, alors que le nombre d’espèces d’oiseaux se limite généralement à une quarantaine. En attirant un large éventail d’insectes, le jardin fournit de la nourriture aux oiseaux et autres animaux, contribuant ainsi à enrichir la biodiversité.
Exemples pratiques
En étudiant les espaces verts publics (parcs et petits espaces verts) les écologistes extrapolent ce qui pourrait fonctionner dans les jardins privés. La tonte d’une pelouse qui a fleuri constitue déjà une bonne base pour diverses espèces d’insectes. Les bordures de pelouse aspergées de pesticides, comme le glyphosate, réduisent considérablement la biodiversité en raison de l’absence de flore et donc d’insectes.

L’effet du choix des plantes sur la biodiversité
L’étude universitaire BUGS (Biodiversity in Urban Gardens in Sheffield) et les travaux de Jennifer Owen, qui a observé son jardin pendant 30 ans, ont apporté de nombreuses informations sur l’entretien de jardins respectueux de la nature. Ces études montrent qu’un jardin ordinaire avec une diversité d’espèces végétales et sans utilisation excessive de pesticides peut constituer un écosystème précieux. Il n’est donc pas nécessaire qu’un jardin soit complètement « sauvage » pour apporter une contribution positive à la biodiversité.
Taille et emplacement du jardin
L’étude BUGS a également montré que la taille et l’emplacement d’un jardin ont peu d’effet sur la biodiversité. Les jardins situés à la limite de la campagne et ceux situés en zone urbaine présentent un nombre similaire d’espèces d’insectes. La proximité de la nature ne semble pas être aussi déterminante qu’on le pense. L’agriculture intensive des zones rurales a fortement réduit la biodiversité, ce qui paradoxalement signifie que les jardins sont relativement plus riches en biodiversité que nombre de zones rurales.
Les jardins situés à la périphérie des zones rurales et ceux situés dans les zones urbaines présentaient un nombre similaire d’espèces d’insectes.

Les professionnels des jardins peuvent aisément opérer des ajustements pour un jardin respectueux de la nature
Les jardiniers peuvent contribuer à un écosystème biodiversifié par des interventions simples, telles que le choix d’une variété de plantes et la limitation de l’utilisation de pesticides, sans pour autant laisser leur jardin devenir complètement sauvage. Les petits jardins des zones urbaines ont le même potentiel que les grands jardins, en partie parce que la faune ne se préoccupe pas des limites de la parcelle et se propage facilement dans les jardins voisins. Ces résultats montrent qu’une gestion des jardins respectueuse de la nature n’a pas besoin d’être coûteuse ou de prendre beaucoup de temps. Dans les prochains articles, nous explorerons des choix de plantes et des techniques spécifiques qui favorisent la faune et la flore sans sacrifier au peu d’entretien du jardin. (nog navragen Yves)
Texte : Yves Heirman
Images : Shutterstock